Exposition de Véronique Lépine
du 1 mars au 15 mai 2013  

Ma pratique artistique consiste essentiellement à brouiller notre vision des choses en exécutant des pastiches imaginaires et ludiques des éléments liées à notre mode de vie. Le geste de reproduction est donc au cœur de mon processus de création. En me réfèrant  à la littérature jeunesse ainsi qu’au fort côté imagé de la poésie, je sélectionne des images, des formes et/ou des objets, qui sont à priori  tout à fait banals, et je les reproduis de manière instinctive tout en conservant une certaine partie de leur identité visuelle. Les éléments que je réinterprète s’en trouvent donc détournés vers  une esthétique de l’illustration, près du folk art, principalement par son absence de perspective et de proportions réalistes, et sont souvent articulés de manière sculpturale. Les couleurs franches remplacent les couleurs plus fades, les formes complexes de la réalité sont simplifiées pour ne laisser qu’une schématisation, ce qui est à plat devient en relief, les formes tridimentionnelles s’aplatissent, etc. En ce sens, la signification du transfert d’un état à l’autre se positionne  comme une nouvelle sensibilité que je tente d’inculper à l’objet.

En ce qui concerne les sujets abordés dans mon travail,  la constatation des changements dans la société, les métiers qui disparaissent, les relations qui se dégradent, les normes qui étouffent la créativité et les initiatives citoyennes sont les notions récurrentes. Tous  ces facteurs du quotidien ont une grande sensibilité pour moi et je m’intéresse aux objets auxquels ils sont liés. La production de masse, l’objet jetable et la pauvreté des matériaux se positionnent ensuite comme des sous-thèmes sur lesquels je réfléchie. Puis, comme je laisse aussi une place énorme à l’intuition et aux accidents, les sujets réinterprétés deviennent intimement liés à mes souvenirs, intérêts, revendication et vision des choses.

 

Véronique Lépine