BLOOM, 2015

Exposition de Françoise Sullivan 

Pour sa saison estivale, le Café Bloom à l’immense honneur de présenter une oeuvre de Françoise Sullivan dont la pratique artistique, caractérisée par une incessante quête de renouveau, a marqué les annales de l’art québécois. Signataire du Refus global, Françoise Sullivan à exploré au cours de sa carrière différents médiums. D’abord la danse, notamment avec sa célèbre Danse dans la neige (1948), mais également la sculpture, l’art conceptuel, puis la peinture. Autant de médiums à travers lesquelles elle a cherché un retour aux origines et à la nature élémentaire[i].

Le tableau Bloom témoigne de cette recherche. Derrière le dépouillement apparent, que pourrait y voir un regard distrait, se trouve une richesse inattendue. Richesse de la couleur d’abord, de ce rouge soutenu et vibrant que l’artiste explore dans plusieurs séries de tableaux.  Un rouge auquel vient se joindre un travail sur la marge, composé de plages vertes foncées et ocres, qui exclut du même coup la classification de ce tableau dans la catégorie du monochrome. Une richesse qui provient également de la gestuelle de l’artiste, de ces petites touches visibles lorsque l’on s’approche de la toile. Témoignant de la présence de cette dernière, ces touches, retouches et  accumulations de matière, rythment le tableau, lui donnent forme. La peinture abstraite, son absence de référent, ne conduit pas ici au vide. Au contraire, la peinture et ses composants (couleurs, matières, formes, rythmes) créent un espace fort et lumineux. Françoise Sullivan nous offre ainsi un espace sensible à éprouver et à ressentir, un espace paradoxal aussi sobre que foisonnant.

                                                                                                                                                                            Annie Hudon Laroche 

[i] Aquin Stéphane, Françoise Sullivan, Musée des beaux-arts de Montréal, 2003. p14.